décembre 17, 2025

"Réaliser ce parcours avec les élèves a été pertinent à tout point de vue"

Témoignage d’une actrice engagée, Nina Marceddu, Conseillère Principale d’Éducation et Référente éco-délégués au collège François Brossette à Cours. 

En mai 2025, l’Institut de l’Engagement et le CNRS ont lancé l’Initiation aux Premiers secours de la planète : deux parcours de sensibilisation en ligne à destination des 10-14 ans et des 15-25 ans. À partir de situations de la vie quotidienne, ils abordent les enjeux essentiels du climat et de la biodiversité, tout en proposant des actions concrètes et accessibles pour s’engager. Avec des élèves éco-délégués, Nina Marceddu a fait partie des premières à tester et améliorer le parcours avant son lancement officiel. 

En quoi consiste le rôle de référente éco délégués ?

Le rôle de référente éco délégués consiste principalement à piloter le volet développement durable dans l’établissement, en développant les connaissances et compétences des éco délégués [les éco-délégués participent à la mise en œuvre de la transition écologique dans leurs classes et leurs établissements, à travers des actions et des projets menés tout au long de l’année] dans un premier temps, en favorisant la prise d’initiatives des élèves et personnels volontaires, en mettant en place des actions concrètes et en sensibilisant l’ensemble de la communauté éducative.  

Qu’est-ce qui vous a motivé à proposer l’Initiation aux Premiers secours de la planète à vos élèves dans votre précédent collège (collège Fontaines de Monjous à Gradignan) ? 

Dans mon précédent établissement, j’avais à cœur de dépasser le cadre de la formation pour valoriser l’engagement des élèves. Le fait de pouvoir développer leurs connaissances et d’en attester m’a motivé à proposer le parcours d’Initiation aux Premiers secours de la Planète. Le format de l’Initiation, en asynchrone, a été un vrai plus, me permettant de passer chaque module sur des temps différents, de revenir dessus au besoin, de prendre plus de temps pour certain et de l’utiliser comme je l’entendais, selon notre avancement dans les séances. 

Comment avez-vous réussi à intégrer ce parcours dans vos projets pédagogiques existants ? 

Le parcours a été travaillé sur des temps précis, banalisés, pour l’ensemble des éco délégués. Cela a permis d’articuler chaque module autour des temps de réflexion pour la mise en place d’actions. Le module sur l’alimentation a fait naître chez les élèves l’idée de revoir les pratiques et fonctionnements au self et de proposer des gestes contre le gaspillage alimentaire, de penser à la sensibilisation des pairs aussi. Le module sur la fast fashion a lui donné l’idée d’une collecte de vêtements pour en faire don, lors d‘une semaine « collège vert ». 

Comment percevez-vous le niveau de conscience écologique des éco-délégués dans votre établissement ? Selon vous, de quels facteurs ce niveau dépend-il ? 

Au collège Fontaines de Monjous, collège de centre-ville avec un IPS (Indice de position sociale) de 127, beaucoup d’élèves viennent à vélo, ils ont déjà des connaissances et une conscience écologique, travaillée en école primaire mais aussi dans la sphère familiale. La question du développement durable, et plus largement de l’écologie, est sur le devant de la scène depuis quelques temps maintenant et intégrée au socle commun de connaissances, de compétences et de culture (S4C). Il n’est donc pas surprenant que les jeunes générations soient davantage sensibles ou sensibilisées à cette thématique. 

Dans mon collège actuel, collège rural avec un IPS de 98, les élèves semblent aussi sensibles à l’écologie, entourés de domaines agricoles, viticoles et de forêts, les élèves ont à cœur de préserver leur environnement. L’établissement travaille en partenariat avec des associations locales de préservation de la nature ou de découverte des parcours locaux. C’est pour cela que j’utiliserai également l’Initiation aux Premiers secours de la Planète avec les éco délégués de cet établissement.   

Y a-t-il une donnée, un contenu ou une information du parcours qui vous a particulièrement marqué, vous ou les élèves ?

À Monjous, c’est définitivement le module sur la fast fashion qui a suscité le plus d’intérêts et de questionnements chez les élèves. Ils ont non seulement découvert davantage d’informations mais ont surtout apprécié le contenu proposé.
De manière générale, réaliser ce parcours avec les élèves a été pertinent à tout point de vue. J’ai moi-même développé mes connaissances sur le sujet du développement durable, afin de pouvoir répondre aux différentes questions, j’ai pu échanger différemment avec les élèves, les valoriser sur la participation, l’implication et leur engagement. Ils se sont sentis utiles et fiers de tester cette Initiation en « avant première ». Le contenu est précis, ludique, diversifié et fluide, la plateforme est claire et simple d’utilisation.
Les micros défis et exemples mis en scène ont véritablement renforcé l’engagement des élèves, leur volonté de mettre en place des actions dans l’établissement et ils ont pu s’en inspirer. 

Pensez-vous que ce parcours pourrait bénéficier à d’autres membres de l’équipe éducative ? Qui en particulier ?

Certains enseignants ont souhaité s’associer au projet, en utilisant dans leur matière les différents modules. Cela n’a malheureusement pas abouti. Je pense néanmoins que cela peut être pertinent car le parcours vient compléter les notions étudiées en classe et apporte quelque chose de nouveau en terme de pédagogie.
De manière générale, les personnels intéressés par le développement durable et souhaitant contribuer avec les éco délégués dans les établissements, pourraient se saisir du parcours d’Initiation, que ce soit pour leur propre enrichissement ou pour le travailler, s’en saisir avec les élèves.

Vous êtes aussi enseignant(e), ou vous travaillez avec des jeunes ?

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